Les 4 comportements qui fragilisent un couple (et comment les transformer)
- Lysiane Noirot
- 24 juil.
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 août

Pourquoi certains couples s’aiment profondément… mais finissent par se blesser ?
Dans mon cabinet, je rencontre régulièrement des couples qui arrivent avec cette phrase :
« On s’aime, mais on n’arrive plus à se comprendre. »
Souvent, le problème n’est pas l’absence d’amour. Il est plutôt lié à des mécanismes relationnels qui se sont installés progressivement : une manière de communiquer, de se protéger ou de réagir qui, avec le temps, crée de la distance...
Dans une relation, nous ne réagissons pas uniquement à ce que l’autre fait. Nous réagissons aussi à notre histoire personnelle, à nos blessures, à nos peurs et aux expériences que nous avons vécues auparavant. Et ça, il est primordial de le prendre en compte.
Un conflit n’est donc pas seulement un désaccord sur un sujet précis. Il peut devenir une rencontre entre deux sensibilités différentes.
John Gottman a développé des recherches que je trouve intéressantes pour notre sujet d'aujourd'hui : "Les Quatre Cavaliers" (ou en anglais : The Four Horsemen) désignent quatre styles de communication qui lorsqu'ils deviennent fréquents et persistants, augmentent grandement le risque de détérioration de la relation. Autrement dit les 4 comportements qui fragilisent un couple.
Je vous rassure tout de suite, elles ne signifient pas que votre couple est condamné. Elles sont plutôt à prendre en compte comme des signaux d’alerte qui invitent à modifier la manière dont vous entrez en relation avec votre partenaire. Et aujourd'hui on va essayer ensemble de l'améliorer si ça vous va.
Les 4 comportements qui fragilisent un couple
1. La critique : attaquer la personne plutôt que parler du problème
Il existe une différence importante entre exprimer un mécontentement et critiquer son partenaire.
Dire :
« Je me sens seul.e. quand je gère toute l’organisation de la maison sans aide »
n’a pas le même impact que :
« Tu ne fais jamais attention à moi, tu es toujours égoïste. »
Dans le premier cas, on parle d’une situation et d’un besoin. Dans le second, on attaque l’identité de l’autre.
À force de critiques répétées, il peut finir par ressentir qu’il n’est jamais suffisamment bien, jamais reconnu ou jamais aimé tel qu’il est.
Pourtant, derrière beaucoup de critiques se cache souvent une émotion plus vulnérable : la tristesse de ne pas se sentir choisi.e, la peur de ne pas compter, le sentiment d’être seul.e, le besoin d’être soutenu.e...
On comprend ici que la critique est plutôt une façon détournée, bien que maladroite, de dire :
« J’ai besoin de toi, mais je ne sais plus comment te le demander. »
Comment transformer la critique ?
Avant de parler de ce qui ne va pas, essayez d’identifier ce qui se passe réellement en vous.
Au lieu de d'accuser avec le TU :
« Tu ne m’écoutes jamais. »
Essayez de parler de vos besoins avec le JE :
« Je me sens délaissé.e quand je parle et que j’ai l’impression que ton téléphone est plus important que ce que je raconte. J’aurais besoin que tu sois davantage présent.e dans ces moments-là. »
Le but est d’apprendre à exprimer ses besoins sans blesser l’autre, sans chercher à éliminer forcément toute frustration !
2. Le mépris : quand la relation perd sa sécurité émotionnelle
Le mépris aussi peut prendre différentes formes : les moqueries, les sarcasmes,les humiliations, les soupirs exaspérés, les regards qui dévalorisent, l’impression d’être supérieur à l’autre...
Ce comportement est particulièrement destructeur car il touche directement le sentiment de valeur personnelle.
Dans une relation, on a tous besoin de sentir que nous sommes respectés, même lorsqu'on est en désaccord.
Quand le mépris s’installe, le message implicite devient : « Je vaux mieux que toi. »
Et, vous vous en doutez, il devient très difficile de construire un espace de confiance lorsque l’un des partenaires se sent constamment diminué.
Mais là encore, le mépris cache souvent une accumulation de blessures non réparées.
Une personne qui devient sarcastique ou froide n’est pas forcément une personne qui n’aime plus (et heureusement). Elle peut être une personne qui s’est sentie blessée tellement longtemps qu’elle a développé une forme de protection : on ne parle plus des choses qui nous touchent vraiment.
Comment retrouver de la bienveillance ?
La relation a besoin de moments où chacun se sent reconnu.
Je vous propose quelques habitudes qui peuvent renforcer le lien amoureux mais vous pouvez aussi trouver les vôtres :
penser à remercier son partenaire pour les petites choses du quotidien
exprimer ce que l’on apprécie chez lui ou elle, peu importe le domaine
se rappeler que l’autre n’est pas l’ennemi, mais une personne avec qui l’on essaie de construire. Je dis souvent en séance de thérapie de couple : « Souvenez-vous que vous êtes avant tout dans la même équipe ! »
3. La défensive : se protéger au lieu de se rencontrer
Lorsqu'on se sent attaqué, notre réflexe naturel peut être de nous défendre et ça peut ressembler à :
« Oui mais toi aussi tu fais ça ! »
« Ce n’est pas ma faute. »
« Tu exagères toujours. »
Ah les "toujours" et les "jamais" qu'on utilise par réflexe...
Cette réaction est humaine car personne n’aime se sentir accusé. Cependant, lorsque chaque partenaire cherche uniquement à prouver qu’il ou elle a raison, le couple entre dans une logique de combat.
À ce stade la question n’est plus : « Comment pouvons-nous nous comprendre ? »
mais : « Qui a tort ? Qui a raison ? »
Or, dans une relation, gagner une dispute peut parfois signifier perdre la connexion. Où se trouve le sentiment de faire équipe là-dedans ?
Comment sortir de la défensive ?
Cela demande tout d'abord d’accepter une idée difficile :
Reconnaître la souffrance de l’autre ne signifie pas reconnaître que l’on est une mauvaise personne.
Vous pouvez entendre l’émotion de votre partenaire sans nier votre propre réalité.
Par exemple : « Je comprends que tu l’aies vécu comme ça. Ce n’était pas mon intention, mais je vois que cela t’a blessé.e. »
Ça permet de faire une place aux émotions de l'autre, et ça c'est primordial. L'idée n'est pas de penser de la même manière mais de vous mettre d'accord sur le fait que vous n'êtes pas d'accord !
4. Le retrait ou le silence : quand on disparaît pour éviter le conflit
Certaines personnes face aux tensions vont chercher à discuter davantage.
Mais d’autres vont se fermer, éviter la conversation ou prendre de la distance.
Ce retrait peut être une stratégie de protection également. C'est éviter une dispute trop intense, ou ne pas dire quelque chose de blessant, ou simplement une méthode pour retrouver son calme sans exploser.
Le problème, comme les autres points, apparaît lorsque ce retrait devient permanent ou presque.
Vous vous en doutez, pour la personne qui cherche le dialogue, le silence peut être vécu comme un sentiment de ne pas compter pour l'autre ou que ses émotions ne lui semblent pas suffisamment importantes. Le grand sentiment de solitude !
Et ne pensez pas que pour la personne qui se retire, c'est le pur bonheur. En général, elle pense intérieurement :
« Je suis dépassé.e, impuissant.e, nul.le, je ne sais pas comment gérer ce conflit. »
Deux souffrances différentes peuvent alors se renforcer mutuellement et créer de l'éloignement alors que chacun souhaiterait se sentir soutenu.
Comment créer un retrait sain ?
Faire une pause peut être bénéfique, à condition de maintenir le lien.
Par exemple : partir sans explication et ignorer l’autre n'est pas recommandé. Par contre, je vous conseille de dire :
« Je sens que je suis trop énervé.e pour discuter correctement. J’ai besoin d’une heure (ou plus, ou moins) pour me calmer, mais je veux/voudrais qu’on reprenne cette conversation ensuite. »
La pause devient alors un moyen de prendre soin de la relation et des besoins de chacun : de se ressourcer seul.e et d'être rassuré.e que l'autre ne nous rejette pas.
Une relation saine n’est pas une relation sans conflit...
Beaucoup de personnes pensent qu’un couple heureux est un couple qui ne se dispute jamais. Alors que pas du tout, au contraire même ! Les désaccords font partie de toutes les relations.
La différence se trouve dans la manière dont les partenaires traversent ces moments.
Un couple solide n’est pas un couple parfait.
C’est un couple capable de : reconnaître ses blessures, d'écouter les besoins de l’autre, de réparer après une dispute, d'apprendre de ses erreurs.
Chaque conflit peut devenir soit une fracture, soit une opportunité de mieux se comprendre.
Quand consulter en thérapie de couple ?
Il peut être utile de demander un accompagnement lorsque les mêmes disputes reviennent sans cesse avec l’impression de ne plus vous comprendre et où la communication est devenue difficile. Vous avez l'impression de ne plus avancer concrètement, qu'une blessure importante n’arrive pas à être réparée entre vous.
Dans ces cas là notamment, la thérapie de couple vous offre un espace neutre pour comprendre les mécanismes qui se répètent, remettre du dialogue et retrouver une relation plus sécurisante. On travaille ensemble pour rompre avec les comportements automatiques qui entachent votre relation.
Il s’agit de comprendre ce qui se joue entre vous, afin de construire une relation dans laquelle chacun peut retrouver sa place.
Pour aller plus loin, je vous invite à prolonger la réflexion pour votre couple avec cet outil.
Je suis Lysiane Noirot, psychopraticienne, et je vous accompagne lors de séances de thérapie de couple à Besançon ou en visioconférence pour vous aider si vous en ressentez le besoin. Il est également possible de se rencontrer individuellement pour en discuter.
Partagez vos impressions, questions ou avis juste en dessous en commentaire. J'apprécie toujours vous lire et vous répondre. Merci !





Très intéressant ! Merci pour cet article complet !